le 26 octobre 

Au moment où le gouvernement fédéral évalue les indemnisations pour compenser les pertes découlant du PTPGP

Pour le secteur laitier dans son ensemble, les enjeux sont énormes avec la signature de l’Accord de Partenariat transpacifique global et progressiste (PTPGP) par le Canada. Au moment de sa mise en œuvre, l’accès supplémentaire au marché accordé à 10 pays de la région du Pacifique entraînera des pertes de plus de 700 millions $ pour les transformateurs laitiers canadiens. Les milliards de dollars d’investissements qu’ils ont réalisés pourraient l’avoir été pour rien s’ils n’obtiennent pas un rendement équitable. Il est difficile d’être une entreprise qui subit des pertes importantes en raison des décisions de votre gouvernement.

Mais ce n’est pas qu’une question de profits et d’investissements; on parle ici des gens. L’industrie de la transformation laitière emploie quelque 24 500 Canadiennes et Canadiens dans plus de 470 établissements au pays. Ces exploitations soutiennent 12 000 fermes laitières, dont plusieurs sont des exploitations familiales à générations multiples qui font partie intégrante de la vie rurale au Canada. Si les transformateurs laitiers qui soutiennent ces producteurs laitiers ne se développent pas ni ne prospèrent, l’impact sera ressenti par tout le monde, les agriculteurs, nos employés et les consommateurs canadiens.

Dans l’intérêt des producteurs laitiers du Canada, des transformateurs laitiers et des milliers de Canadiens de la classe moyenne soutenus par ce secteur, le gouvernement fédéral doit verser une indemnisation pour compenser les effets négatifs découlant du PTPGP sur le secteur laitier du pays. Les groupes de travail du gouvernement du Canada sur l’industrie laitière sont un bon début, mais ils doivent être suivis de mesures concrètes.

Quand l’AECG est entré en vigueur, le gouvernement fédéral a indemnisé des industries qui n’avaient pas été touchées négativement par l’accord commercial. À la fin, bon nombre des secteurs ayant reçu une compensation sous la forme de licences d’importation, connues sous le nom de contingents tarifaires (CT), importaient des produits déjà fabriqués ici, principalement du fromage parmesan, cheddar et feta. La promesse d’une plus grande variété de produits spécialisés européens s’est révélée être une promesse en l’air.

Parallèlement, les fromagers européens, qui avaient beaucoup espéré des avantages que produirait l’AECG, ont exprimé leur déception quant au fait que leurs fromages à pâte molle spécialisés qui nécessitent une attention particulière lors de l’importation et dont la durée de conservation est limitée ne se rendent pas dans les magasins canadiens. En ce début d’automne, de nombreux quotas alloués à ces entités n’ont pas encore été réalisés. Cela pourrait avoir un effet déstabilisateur sur le marché des produits laitiers au cours des prochains mois s’il devait y avoir une inondation soudaine de produits européens sur le marché canadien.

Les CT seront à nouveau utilisés avec le PTPGP pour permettre l’importation en franchise de droits de produits laitiers étrangers. De plus, le gouvernement fédéral devra décider de la manière dont il les accordera. À notre avis, la solution est simple et logique. Donner tous les CT aux transformateurs laitiers canadiens. Ils ont l’expérience et le savoir-faire pour importer une grande variété de produits laitiers d’une manière gérable qui ne bouleversera pas le marché laitier canadien. C’est le moyen le plus simple et le plus efficace de garder les usines canadiennes ouvertes, les exploitations agricoles en activité et de garder au travail les milliers de Canadiens de la classe moyenne que le secteur laitier emploie dans chaque province.

Comme le dit avec beaucoup de sagesse le vieil adage : « ceux qui n’ont pas appris des erreurs du passé sont condamnés à les répéter. » Si les expériences troublantes de l’application de l’AECG au cours de sa première année doivent servir de modèle, le gouvernement fédéral ne peut continuer à indemniser des industries non touchées par un accord commercial et à traiter injustement une industrie clé — les transformateurs laitiers canadiens — qui ont contribué à renforcer et à faire croître le marché laitier intérieur du Canada au cours des 10 dernières années.

S’il devait le faire, alors le gouvernement fédéral dira aux milliers de personnes qui travaillent dans les usines de transformation laitière et les fermes à travers le pays que leurs familles ne méritent pas qu’on les défende.

Vous voulez en apprendre davantage sur le PTPGP et son impact sur l’industrie laitière?

Accord de Partenariat transpacifique global et progressiste (PTPGP)

Avec le PTPGP, les indemnisations doivent aller à ceux et celles qui sont touchés négativement par l’accord.