L’Accord économique et commercial global entre le Canada et l’UE (AECG) est entré en vigueur le 21 septembre 2017. Dans le cadre de cet accord, le Canada a autorisé l’entrée de 17,7 millions de kilogrammes de fromage sur le marché laitier national, en franchise de droits, par le biais de l’attribution de contingents tarifaires (CT).

À l’époque, l’ATLC a soutenu que les CT de fromage en vertu de l’AECG devraient être attribués aux transformateurs laitiers qui comprennent parfaitement le marché canadien des produits laitiers et qui ont l’expérience nécessaire pour importer une grande variété de produits laitiers de manière équilibrée. L’ATLC a également fait valoir que l’attribution de ces CT aux transformateurs laitiers était également un moyen essentiel d’aider à compenser les pertes découlant de l’accord commercial et de récupérer une partie des investissements de 7,5 milliards $ qu’ils ont réalisés depuis 2008.

À la fin, le gouvernement fédéral a attribué moins de la moitié des CT de fromage disponibles aux transformateurs laitiers, plus de 50 % étant alloués à des parties prenantes autres que les transformateurs laitiers. Cette décision a eu de graves conséquences pour l’industrie canadienne de la transformation laitière qui s’est vue dans les faits privée de ses profits pour les céder à d’autres qui n’avaient même pas été touchés négativement par l’AECG.

Quel est l’impact de l’AECG sur les transformateurs laitiers?

Le Canada a été critiqué pour la quantité et le type de fromages importés au pays dans le cadre de ses obligations en vertu de l’AECG. Jusqu’à présent, la plupart des importations en provenance d’Europe ont été faciles à gérer, comme les fromages parmesan, cheddar et feta, qui ont une longue durée de conservation et servent uniquement à remplacer des variétés semblables disponibles présentement sur le marché canadien.

Pire encore, un très petit nombre des CT de fromage ont même été respectés. Le secteur laitier est maintenant vigilant, inquiet de la perturbation du marché que pourrait causer une inondation de produits fromagers européens alors que les autres détenteurs de contingents tarifaires s’empressent de respecter leurs obligations en matière de quotas d’ici la fin de 2018, sous peine de perdre leur capacité d’importation.

Quelle est la position de l’ATLC?

Un an plus tard, suffisamment de preuves montrent que le gouvernement fédéral devrait revoir et réattribuer les contingents tarifaires de fromages dans le cadre de l’AECG présentement détenus par d’autres parties prenantes à l’industrie de la transformation laitière, qui dispose de l’expérience nécessaire pour garantir que ces quotas sont pleinement et correctement respectés d’une manière gérée pour protéger les produits laitiers canadiens et offrir un plus grand choix aux consommateurs. Cela permettra non seulement à l’industrie de la transformation laitière de récupérer le rendement de ses investissements antérieurs, mais également d’encourager les investissements futurs dans le secteur laitier canadien — ses fermes, ses usines de transformation et ses travailleurs.