Cette semaine, nous avons beaucoup entendu parler du fait que le Canada avait obtenu le meilleur accord possible avec la présente administration américaine et que le secteur des produits laitiers aurait pu être beaucoup plus durement touché. C’est une vision étroite de la situation.

L’AEUMC n’est que l’un des nombreux accords de libre-échange auxquels le Canada a souscrit récemment. Prenez les 3,6 % d’accès que le gouvernement a accordé dans le cadre de l’AEUMC, ajoutez les 4 % de l’AECG et les 3,25 % de l’accord du PTPGP et vous obtenez un accès de plus de 10 % concédé en seulement deux ans à un coût de plus de 2 milliards $ aux transformateurs laitiers au cours de la mise en œuvre.

Notre situation est impossible : en raison des décisions du gouvernement, les transformateurs laitiers risquent de perdre près du tiers des 7,5 milliards $ investis dans l’innovation et la croissance du marché cette dernière décennie. Au cours de la même période, ces investissements ont entraîné une croissance de 16 % des contributions au PIB réel — un contraste saisissant avec la baisse de 4 % enregistrée dans le secteur élargi de la fabrication.

Pour un gouvernement qui parle tellement de vouloir faire croître l’économie et créer de bons emplois pour la classe moyenne, le Canada n’offre certainement pas les conditions qui encouragent les investissements dans son secteur agroalimentaire, le deuxième en importance au pays.

Il y a une possibilité de modifier la trajectoire pour s’assurer que les transformateurs laitiers et les agriculteurs sont en mesure de récupérer une partie des pertes qu’ils subiront à cause des décisions gouvernementales.

Le gouvernement canadien doit bien à ses producteurs et transformateurs laitiers, et aux travailleurs canadiens qu’ils emploient de tout mettre en œuvre pour remédier à cette situation et créer les conditions permettant au secteur laitier de continuer à se développer.

Cette semaine, un producteur laitier a comparé la situation avec beaucoup de justesse à celle d’une personne qui posséderait un magasin et qui verrait un client sur 10 refusé à la porte et renvoyé à la concurrence. Je vais pousser cette idée un peu plus loin en disant : « ce que le gouvernement choisira de faire ensuite, c’est la différence entre se tenir à la porte du secteur laitier et accueillir les clients qui restent ou les renvoyer à la concurrence. »